Enfants : un hiver sans maladies, si on relevait le défi ? (suite)

Enfants : un hiver sans maladies, si on relevait vraiment le défi ? (1/2)

Enfants : un hiver sans maladies

1. Les problèmes

Il n’est pas rare de voir que dès la rentrée en collectivité, les enfants se mettent à tousser, à s’enrhumer … S’il y a bien le refroidissement de l’automne qui est en cause, ainsi que le stress auquel les enfants doivent faire face avec tous ces changements pas forcément faciles à vivre pour eux, ce n’est pourtant pas une fatalité. Pris en charge suffisamment tôt, il est tout à fait possible d’enrayer efficacement le système et de passer un hiver sans maladies.

Mieux vaut prévenir que guérir, dit la sagesse. Le meilleur moyen est donc la prévention, pour former une immunité au top à nos chères têtes blondes. Ces moyens que nous vous proposerons, pour un hiver sans maladies, sont si efficaces et simples à mettre en place qu’il serait dommage d’en priver vos enfants !

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Les maladies virales : les comprendre pour mieux leur résister

Il existe une distinction essentielle concernant les deux causes principales d’infection : les bactéries et les virus. En effet, les infections d’origine bactérienne sont potentiellement plus graves et les seules qui soient sensibles aux antibiotiques ; les infections virales quant à elles sont les plus fréquentes (80% des infections respiratoires) et les antibiotiques sont totalement sans effet sur les virus. Mais il peut arriver qu’une maladie soit d’abord virale puis finisse par se surinfecter par une bactérie.

Comment les différencier concrètement ? Ici il s’agit surtout de déceler rapidement les signes spécifiques, afin d’adopter la bonne marche à suivre et ne pas passer à côté d’une infection qui pourrait être grave. Il n’est pas toujours évident de bien interpréter les signes entre une infection virale ou bactérienne :

  • En général, les virus donnent des infections souvent plus brutales avec une fièvre moins élevée ; ce qui est plus spécifique en revanche, c’est un syndrome viral qui associe des courbatures et des frissons. La très grande majorité des rhino-pharyngites et des bronchites est d’origine virale.
  • Les bactéries donnent des infections souvent plus marquées avec un signe spécifique : la présence de pus. La fièvre est souvent plus élevée et la maladie plus douloureuse. Les otites, les sinusites et les pneumonies sont surtout d’origine bactérienne.

Neanmoins, la frontière entre les deux n’est pas toujours facile à définir, comme en témoigne cette étude parue dans The Lancet en 2023. Ce qu’il faut retenir surtout, c’est qu’une consultation s’avère souvent nécessaire pour les jeunes enfants, ou si l’on n’est pas certain de l’infection à laquelle on pense avoir à faire.

Le système immunitaire en quelques mots

ganglions lymphatiques 1

Le système immunitaire est l’ensemble des organes, cellules et mécanismes qui permettent à l’organisme de se défendre contre les agents infectieux (bactéries, virus, parasites, etc.). Parmi ces organes, nous retiendrons ici principalement les ganglions lymphatiques car ils sont en première ligne dans la lutte contre les maladies hivernales : ce sont de petites structures en forme de boule ou de haricots, situées le long des vaisseaux lymphatiques, que l’on appelle aussi des noeuds lymphatiques. Ils filtrent la lymphe et servent de lieux de rencontre et d’activation des lymphocytes, les cellules capables de reconnaître et de combattre les agents infectieux.

Lors d’une infection, ces ganglions peuvent gonfler et devenir chaud ou douloureux : en cas d’affection ORL, les ganglions seront surtout perceptibles dans la partie postérieure du cou. Pour les angines, les ganglions se situeront sous la machoire inférieure.

Le fameux « nez qui coule »

Ah ! Cette désagréable petite goutte au nez des enfants qui nécessite un coup de mouchoir toutes les 5 minutes … Le nez qui coule, appelé aussi rhinorrhée, est un symptôme très fréquent des infections hivernales : il correspond à une production accrue de mucus par la muqueuse nasale pouvant s’accompagner d’une inflammation. Ce mucus aide à piéger et évacuer les virus, bactéries et particules présents dans les voies respiratoires ; c’est donc une réaction normale et utile du système immunitaire.

Il est particulièrement fréquent au début d’un rhume ou d’une infection virale des voies respiratoires, mais il n’est pas, à lui seul, le signe précurseur d’une infection précise : il peut aussi être provoqué par une allergie, une irritation ou d’autres infections respiratoires.

Le rhume

Inutile de faire de longs discours, tout le monde sait de quoi il s’agit ! On éternue, le nez coule et gratte, et les mouchoirs trainent partout dans la maison (oui oui, je suis maman moi aussi !) : tous ces mécanismes sont là pour chercher à se débarrasser des microbes qui tentent une entrée en force.

Le rhume est en soi quelque chose de totalement bénin qui pourrait ne nécessiter aucune aide, mais le système immunitaire des enfants étant encore en construction, il s’avère nécessaire de le soutenir car le rhume peut facilement dégénérer et produire des pathologies infectieuses nettement moins agréables (sinusites, pharyngites, quand ce n’est pas bronchite ou bronchiolite…)

Toujours d’origine virale, le rhume s’exprime par des écoulement fluides et incolores, pouvant provoquer une irritation autour du nez, renforcée par des mouchages fréquents. Il arrive que le mucus soit jaune au réveil, à cause de son accumulation dans les fosses nasales et d’une légère prolifération bactérienne, renforcée par la position allongée au cours de la nuit : ce n’est donc pas du pus si la sécrétion redevient limpide en journée. En revanche, si le liquide devient épais, jaune/verdâtre, alors il s’agit bien de pus : une surinfection bactérienne s’est invitée à la fête …

La sinusite

La plupart des rhumes qui dégénèrent finissent par s’attaquer aux sinus ; en même temps, la voie d’accès est royale pour les virus déjà bien acclimatés au nez depuis plusieurs jours. Les sinus se situent dans le prolongement des fosses nasales : ce sont des cavités osseuses reliées au nez par un petit orifice.

enfants rhume

La sinusite est une inflammation de ces fameux sinus, à cause du mucus stagnant dans le nez qui a fini par être infecté par des bactéries. Pour ne pas faire de confusion, un rhume est d’origine virale et une sinusite est la plupart du temps d’origine bactérienne.

Les symptômes de la sinusite sont assez caractéristiques : un écoulement épais, jaune ou vert, parfois malodorant, qu’on sent venir de “loin” (plus profond que les simples fosses nasales), des douleurs assez intenses, au niveau du front s’il s’agit des sinus frontaux, ou au niveau des pommettes s’il s’agit des sinus maxillaires, douleurs qui s’intensifient quand on se penche vers l’avant.

Les angines, la pharyngite et la rhino-pharyngite

Ces trois pathologies ont pour point commun un symptôme caractéristique : le mal de gorge, mais pas le petit gratouillement passager, le mal de gorge plutôt intense, celui qui gène vraiment, en particulier pendant la déglutition.

L’angine, la pharyngite et la rhinopharyngite sont trois petites cousines des infections de la gorge, mais elles ne s’attaquent pas tout à fait au même endroit.

  • L’angine touche surtout les amygdales : elle donne généralement une sensation de gorge serrée, de la difficulté pour avaler, s’accompagnant souvent de fièvre. La véritable angine, celle qui se manifeste par des amygdales volumineuses, rouges et douloureuses, doit être considérée comme potentiellement bactérienne jusqu’à preuve du contraire : en effet, cette infection ORL est susceptible de complications graves si elle n’est pas soignée.
  • La pharyngite correspond à une inflammation du pharynx, au fond de la gorge : elle provoque surtout une gorge rouge, irritée et douloureuse.
  • La rhinopharyngite, associe le rhume avec la pharyngite : les écoulements du nez, qui vont cette fois-ci vers l’arrière, viennent directement irriter le pharynx provoquant son inflammation.

Pour les distinguer, on peut donc retenir une règle simple : amygdales en première ligne = angine, gorge irritée = pharyngite, nez + gorge = rhinopharyngite !

bronches et bronchioles 1

La bronchite et la bronchiolite

Passer un hiver sans maladies, ce sera surtout sans bronchiolite pour les touts-petits ? Bien qu’elles soient toutes deux des inflammations des voies respiratoires, la bronchite et la bronchiolite ne touchent pas les mêmes conduits et ne concernent pas les mêmes personnes :

  • La bronchite touche les bronches, les conduits qui amènent l’air vers les poumons : elle provoque surtout une toux, souvent d’abord sèche puis grasse, parfois avec des glaires, et survient fréquemment chez les adultes et les enfants plus grand. Toutes les toux ne sont pas des bronchites, et même si la bronchite est une affection assez courante chez les enfants, elle n’est pas à prendre à la légère car les complications peuvent être grave.
  • La bronchiolite, elle, atteint les bronchioles, de tout petits conduits situés plus profondément dans les poumons ; elle concerne surtout les bébés de moins de 2 ans et provoque, en plus de la toux, une respiration rapide ou sifflante, parfois des difficultés à respirer et des difficultés à s’alimenter.

Les otites

Nous ne sommes plus dans la gorge cette fois-ci mais dans l’oreille : l’otite est une infection de l’oreille, qui revêt différentes formes et aussi différentes façons de la soigner.

  • L’otite externe : c’est une inflammation du conduit auditif externe, entre l’entrée de l’oreille et le tympan. La plus fréquente et la plus bénigne chez les enfants, elle est souvent liée à une irritation ou à une infection, parfois après la baignade (« oreille du nageur »). Elle provoque surtout une douleur, notamment lorsqu’on touche ou tire sur l’oreille.
  • L’otite moyenne aiguë : c’est la sinusite de l’oreille ! En effet, elle touche la zone derrière le tympan qui s’appelle l’oreille moyenne : c’est une cavité close également propice aux proliférations bactériennes. Très fréquente chez les jeunes enfants, elle survient souvent après un rhume ou une rhinopharyngite, entraîne une douleur importante voire insupportable, s’accompagnant parfois de fièvre et d’une baisse temporaire de l’audition.
  • L’otite séreuse (avec épanchement) : souvent associée à un terrain allergique, l’otite séreuse est une accumulation de liquide non purulent derrière le tympan, sans infection aiguë. Souvent peu ou pas douloureuse, elle peut provoquer une sensation d’oreille bouchée et une diminution de l’audition.

Si une douleur persiste dans l’oreille, car toutes les douleurs à l’oreille ne sont pas forcément des otites, il est bon de consulter un médecin car s’il peut trouver un bouchon de cérumen, il se peut aussi qu’il fasse quelque trouvaille surprenante (pas toujours étonnante avec des enfants !) : morceau de jouet, bille, gomme, pointe de crayon, caillou, petite perle … Chez les enfants, les oreilles peuvent parfois devenir de véritables petits coffres à trésors !

La grippe

S’il y a bien un triste refrain qui revient chaque hiver, c’est celui de la grippe ! Et il est d’autant plus pénible qu’il revêt différentes formes et intensité : en effet, il y a tout un ensemble de symptômes grippaux qui font penser à cette maladie (fièvre, courbatures, frissons, toux…) et qui finissent par disparaître rapidement d’eux-mêmes. La « vraie » grippe c’est bien celle qui envoie un adulte habituellement en bonne santé au fond de son lit pour plusieurs jours, alors imaginez des enfants ?

La vraie grippe apparaît assez brutalement, contrairement aux autres infections décrites plus haut, qui s’installent de manière plus progressive. Elle se manifeste typiquement par une fièvre vraiment élevée (40°) persistante, des frissons, une grande fatigue, des courbatures et douleurs musculaires, des maux de tête, ainsi qu’une toux sèche. Un mal de gorge et un nez qui coule peuvent aussi être présents. Fièvre, courbatures, grosse fatigue, apparition soudaine : je vous présente le quatuor classique de la grippe !

enfant solide
Vous l’aurez compris, la meilleure protection pour faire passer à nos enfants un hiver sans maladies c’est une immunité forte et résistante : ce sont les plus forts qui l’emporteront, le terrain fait toute la différence !

(à suivre…)


Quelques liens vers des études scientifiques :

Shi et al., 2015 – Journal of Global Health
Aetiological role of common respiratory viruses in acute lower respiratory infections in children under five years: A systematic review and meta-analysis.

O’Brien et al., 2015 – British Journal of General Practice
Clinical presentation and microbiological diagnosis in paediatric respiratory tract infection: a systematic review.

PERFORM – étude multicentrique européenne, 2023 – The Lancet Child & Adolescent Health

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